Parsa Ghasemi, repenser la présence sassanide dans la péninsule Arabique
Chercheur postdoctoral financé par le Programme Jaussen & Savignac en 2025-2026, Parsa Ghasemi consacre ses recherches à la présence, à l’influence et aux interactions des Sassanides (224–651 apr. J.-C.) dans les régions orientales et méridionales de la péninsule Arabique.
Son projet a notamment porté sur la nature et l’étendue des activités sassanides dans la région, en mettant en dialogue les sources historiques et archéologiques et en réexaminant des données anciennes et récentes. Son contrat lui a également permis de développer de nouvelles collaborations scientifiques et d’approfondir sa connaissance des différents contextes historiques et environnementaux de la péninsule Arabique.
Sur quoi ont porté vos recherches au cours de votre contrat postdoctoral au Programme Jaussen & Savignac ?
Parsa Ghasemi : Au cours de mon contrat postdoctoral, j’ai consacré mes recherches à la nature et à l’étendue des activités sassanides dans la péninsule Arabique. Mon projet a permis de mettre en dialogue les sources historiques et archéologiques et de réexaminer un ensemble de données qui n’avait pas toujours fait l’objet d’une étude systématique.
Pendant dix-huit mois, j’ai mené des recherches et des lectures approfondies sur les travaux anciens comme sur les recherches plus récentes consacrés à l’histoire et à l’archéologie de la région. Ce travail m’a également conduit à revenir sur des données précédemment réunies, notamment des publications, des rapports préliminaires, des données d’archives et d’autres sources qui avaient jusqu’alors reçu une attention limitée.
Cette réévaluation a ouvert de nouvelles perspectives pour l’étude des dimensions politiques, militaires, économiques et culturelles de l’implication sassanide dans la péninsule Arabique.
Comment l’évolution du contexte de recherche a-t-elle influencé votre projet ?
Parsa Ghasemi : L’instabilité qui affecte certaines régions du Moyen-Orient depuis plusieurs mois n’a pas permis de mener les missions de terrain initialement envisagées. Ces circonstances m’ont conduit à accorder une attention accrue à l’étude des données existantes et à leur mise en perspective dans un cadre régional plus large.
Ce travail m’a permis d’approfondir ma connaissance des différentes régions de la péninsule Arabique, de leurs diverses zones climatiques et environnementales ainsi que de leurs histoires. Il m’a également permis de mieux connaître l’importante production récente de recherches archéologiques consacrées à la région.
Le projet a ainsi considérablement élargi ma compréhension de l’histoire de la péninsule dans l’Antiquité et au début de la période médiévale, tout en me permettant d’approfondir mon approche de l’archéologie de la région et de la diversité de ses contextes historiques et environnementaux.
Vous avez également organisé une conférence internationale au Centre Jaussen & Savignac. Quel en était l’objectif ?
Parsa Ghasemi : L’un des principaux résultats de mon contrat postdoctoral a été l’organisation, les 28 et 29 mai 2026 au Centre Jaussen & Savignac, d’une conférence internationale consacrée aux mondes parthe et sassanide ainsi qu’aux différentes régions de la péninsule Arabique.
La conférence a réuni des spécialistes travaillant sur plusieurs régions de la péninsule ainsi que sur les mondes parthe et sassanide. Elle a favorisé le dialogue entre différentes approches et perspectives de recherche.
Les actes de la conférence sont actuellement en préparation en vue d’une publication dans les prochains mois. Plusieurs articles issus des recherches menées dans le cadre de mon contrat postdoctoral sont également en préparation et permettront d’examiner plus en détail certains aspects de ces travaux. D’autres résultats du projet seront publiés au cours des prochaines années.
Que vous a apporté votre contrat post-doctoral en matière de collaborations scientifiques ?
Parsa Ghasemi : Mon contrat Jaussen & Savignac m’a permis de développer un réseau international de chercheurs travaillant sur la péninsule Arabique et d’élargir mes collaborations scientifiques.
Cette expérience a contribué à approfondir ma compréhension de la diversité des contextes environnementaux et historiques de la péninsule, ainsi que des interactions entre ses différentes régions et les mondes voisins.
Votre parcours à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne s’inscrit dans une trajectoire académique plus longue. Comment cette expérience s’est-elle construite ?
Parsa Ghasemi : J’ai rejoint l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2015 dans le cadre de mes études doctorales et je suis devenu membre de l’unité de recherche Archéologies et Sciences de l’Antiquité (ArScAn) – L’Orient, d’Alexandre à Muhammad. Archéologie-Histoire-Architecture-Épigraphie (OrAM) à la Maison des Sciences humaines et sociales Mondes. Mon parcours académique s’est ensuite poursuivi avec mon contrat postdoctoral au sein du Programme Jaussen & Savignac.
Au fil des années, l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le Centre Jaussen & Savignac et l’unité de recherche ArScAn ont constitué un cadre essentiel pour le développement et l’avancement de mes recherches. Cette expérience m’a également donné l’occasion de travailler aux côtés de professeurs, de chercheurs, de collègues et d’amis, et de développer des échanges scientifiques, des collaborations et des liens durables.
Je souhaite exprimer ma profonde gratitude à la directrice du Centre, la professeure Gaëlle Tallet, ainsi qu’aux membres du comité de recrutement et à l’équipe administrative, pour leur soutien et pour avoir contribué à créer un environnement intellectuel et institutionnel stimulant pour le développement de mes recherches.
Quelles seront les prochaines étapes de vos recherches après votre passage au Programme ?
Parsa Ghasemi : À l’issue de mon postdoctorat au Programme Jaussen & Savignac, je poursuivrai mes recherches dans le cadre d’un nouveau projet postdoctoral financé par une bourse Marie Skłodowska-Curie.
Ce projet portera sur les investissements sassanides dans leur région d’origine, en les comparant avec ceux réalisés dans d’autres régions de l’Empire sassanide. Cette approche comparative permettra d’examiner les différentes formes et logiques d’investissement à travers l’Empire.
Grâce aux connaissances que j’ai acquises sur la péninsule Arabique au cours de mon contrat Jaussen & Savignac, je pourrai également intégrer cette région à cette comparaison.
Mon passage par le Programme m’aura ainsi permis d’approfondir ma connaissance de la péninsule Arabique et de développer une expertise directement mobilisable dans mes prochaines recherches sur l’Empire sassanide.
À propos de la thèse de Parsa Ghasemi
Ma thèse de doctorat, intitulée « The Archaeological Landscape of the Sar Mashad Region, Southwestern Fars, Iran: Settlement and Land Use in the Sasanian and Islamic Periods », a été réalisée à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (École doctorale d’archéologie 112), au sein de l’unité de recherche ArScAn, équipe OrAM, sous la direction de Michel Mouton. Elle a été soutenue en juin 2022 et n’a bénéficié d’aucun financement spécifique.
Cette recherche s’est appuyée sur l’acquisition et l’analyse de nouvelles données archéologiques de terrain provenant du cœur historique de l’Empire sassanide, dans la province du Fars. Elle a contribué à approfondir notre compréhension des formes d’investissement, d’occupation et d’aménagement du territoire sassanide dans des environnements semi-arides. Elle a notamment permis d’identifier et de documenter de nombreux sites archéologiques ainsi que plusieurs composantes du paysage ancien, apportant de nouveaux éléments à l’étude de l’organisation territoriale, des dynamiques de peuplement et de l’exploitation des ressources. Plus largement, elle a contribué à renouveler notre compréhension de l’un des grands empires de l’Antiquité tardive dans le monde oriental.