Mari, Les palais présargoniques, mai 1972.
© Mission archéologique franco-syrienne de Tell Hariri-Mari, Archives de la MSH Mondes, AP16280.
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Apports du séminaire post-doctoral "Les archives archéologiques du Proche-Orient ancien : approches analytiques et nouvelles perspectives"

Le séminaire postdoctoral du Programme Jaussen & Savignac « Archives archéologiques du Proche-Orient ancien : approches analytiques et nouvelles perspectives », organisé par Hugo Naccaro, s’est tenu à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne du 28 janvier au 18 mars 2026. Composé de sept séances, il a apporté un éclairage nouveau sur les archives archéologiques de plusieurs sites majeurs du Proche-Orient ancien.


Après une introduction qui a posé les fondements épistémologiques de l’étude de ce type spécifique de matériel (Hugo Naccaro), l’étude de cas consacrée à Khorsabad (Irak) (Barbara Couturaux et Jean-Jacques Herr) a souligné l’importance de travailler avec la documentation d’archives dans le cadre de nouveaux programmes de fouilles. Le travail systématique mené sur les archives des premières fouilles à Khorsabad, qui remontent au XIXe siècle, trouve un écho dans les recherches menées sur les archives archéologiques de Suse (Iran) (Clélia Paladre). Ces archives reflètent des techniques de fouille et des méthodes d’enregistrement des données radicalement différentes de celles utilisées aujourd’hui. Leur étude permet de mettre au jour de nouvelles informations et de porter un regard renouvelé sur des résultats longtemps négligés. L'importance scientifique des archives archéologiques, dont les pratiques ont considérablement évolué au fil du temps, a également été mise en évidence par les travaux menés sur le site de Mari (Syrie) (Pascal Butterlin), qui représentent près de 90 ans de fouilles et de multiples cycles de recherche consacrés à cette ancienne capitale mésopotamienne. Ensuite, la question de la publication de ces archives et des méthodologies employées a été abordée à travers des études de cas à Lagash (Irak) (Steve Renette) et à Tureng Tepe (Iran) (Camille Abric & Julie Bessenay-Prolonge). Ces travaux montrent que des méthodologies analytiques affinées peuvent donner des résultats significatifs et soulignent la nécessité de publier des collections d’archives longtemps inexplorées. Enfin, dans une perspective interdisciplinaire, et à la lumière des défis scientifiques et patrimoniaux posés par ces archives, l’intégration de nouvelles méthodes de traitement et d’analyse, en particulier l’utilisation de l’intelligence artificielle, ouvre de nouvelles perspectives considérables (Hugo Naccaro & Thomas Gerald).


Le séminaire a ainsi offert un aperçu des grands enjeux de recherche liés aux archives archéologiques, d’une grande importance pour les communautés archéologiques et patrimoniales. Il a réuni un public diversifié composé d’étudiants, de chercheurs, d’universitaires et d’ingénieurs. Son succès ainsi que les nombreuses questions qu’il a soulevées soulignent l’opportunité de rééditer ce séminaire à l’avenir.